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Quand l’immobilier se met au vert

Devenue un objectif prioritaire pour le gouvernement, la protection de l’environnement passe par une évolution de l’habitat. Pour preuve les questions liées au logement et les propositions faites pour améliorer les économies d’énergie dans le bâtiment lors du Grenelle de l’environnement. Aujourd’hui, pour faire face aux évolutions à venir, artisans et industriels développent de nouveaux matériaux écologiques. Etat des lieux.

Les qualités environnementales des matériaux

Il existe, sur le marché, plusieurs qualificatifs pour définir des matériaux qui ne nuisent pas à la santé ou à l'environnement :

Les matériaux naturels sont ceux qui sont issus plus ou moins directement de composants que l'on trouve dans la nature comme les végétaux, la laine de mouton ou les minéraux. En principe, ils ne contiennent aucun produit de synthèse. On classe dans cette catégorie aussi bien les isolants à base de chanvre que ceux à base de laine de roche.

Les matériaux écologiques sont ceux dont l'impact sur l'environnement est faible, que ce soit au niveau de la production, de l'utilisation ou du recyclage. On y classe les produits à base de végétaux, de laine de mou ton qui ne nécessitent pas de transformation coûteuse en énergie et sont biodégradables. Attention ! Certains industriels n'hésitent pas à tromper le consommateur en indiquant que grâce à leur isolant, la consommation en énergie diminue, qu'il y a moins de gaz à effet de serre et que donc leur produit est écologique. Mais ils oublient de préciser que la production de leur matériau est très énergivore, qu'il n'est pas biodégradable et que son recyclage est plutôt coûteux.

Les matériaux sains sont ceux qui ne nuisent pas à la santé de l'individu. Ils peuvent être naturels ou synthétiques, écologiques ou non. Toutefois, il est important de souligner qu'un matériau peut être sain jusqu'au jour où l'on découvre sa toxicité. C’est le cas de l’amiante, par exemple.

Eloge de la laine

Excellent isolant thermique, difficilement inflammable, résistante aux rongeurs, la laine de mouton constitue l'un des meilleurs matériaux écologiques.
La laine de mouton est l’un des seuls isolants produits par la nature. Depuis des millénaires, l'homme l'utilise comme isolant pour son habitat. Des témoignages attestent qu'elle fut utilisée par nos ancêtres du Moyen Age pour isoler leurs habitations. De même, encore de nos jours, la yourte des Mongols et autres peuples d'Asie centrale est constituée de laine de mouton sous la forme de feutre.

Ces propriétés en font l'un des matériaux d'isolation les plus performants :

  • un coefficient de conductivité thermique exceptionnel, équivalent à celui du liège et bien supérieur aux laines minérales ;
  • elle est ininflammable ;
  • elle peut absorber jusqu'à 30 % de son poids en eau sans paraître mouillée et retrouve tout son gonflant une fois sèche ;
  • elle est légère, facile à poser et peut se compresser, ce qui s’avère utile dans le cas de charpentes irrégulières ;
  • elle n'est pas attaquée par les rongeurs, contrairement à la plupart des autres matériaux d'isolation.

Une maison écologique… mode d’emploi

L’habitat « vert », c'est l'art de combiner des matériaux, naturels ou non, pour en retirer les meilleures qualités environnementales.

Tous les produits de construction ont des caractéristiques environnementales, sanitaires et techniques qui leur sont propres. Ainsi, le béton est un bon conducteur de chaleur, ce qui permet de mieux la répartir dans l’habitation. Autre exemple, les isolants de tous types, ou les fenêtres à double vitrage, contribuent également à la réduction de la consommation d’énergie et participent donc à la démarche HQE (Haute Qualité Environnementale). La démarche HQE, portée par l'association du même nom, vise à la réalisation de bâtiments sains et confortables dont les impacts sur l'environnement évalués sur l'ensemble du cycle de vie sont les plus maîtrisés possibles.

Cependant, du point de vue sanitaire, les matériaux traditionnels utilisés dans la construction ne sont pas toujours inoffensifs. Les laines de verre et de roche peuvent entraîner des maladies des voies respiratoires et les produits de traitement de bois des intoxications. Enfin, la plupart de ces matériaux consomment beaucoup d’énergie et sont difficilement recyclables.

Il existe des normes qui s’appliquent à l’ensemble des matériaux de construction : NF P01-010 01 et 02. Elles permettent d’obtenir des informations sur les impacts environnementaux et sanitaires des produits de construction.

Mettez du chanvre sous vos toits !

Matériau sain et naturel, le chanvre s’avère être un excellent isolant thermique et acoustique permettant de restaurer une maison ou de bâtir directement sur une structure en bois.

Cette plante offre de nombreux avantages : elle pousse vite, sans engrais, et n'abîme pas les sols. Traditionnellement, on se servait du chanvre pour faire des cordages ou des vêtements. Aujourd’hui, il a également sa place dans la construction. C'est un matériau écologique, bon marché, non polluant et simple à utiliser.
Dans ce cas, on utilise l'écorce de sa tige. Les fibres, une fois broyées, doivent être malaxées avec un mortier composé de chaux, et d'autres ingrédients comme la brique pilée ou le plâtre. On ajoute alors de l'eau pour lier le tout. On se sert de cette pâte pour isoler des murs déjà existants en brique, pierre ou bois. On peut également monter des murs complets, associés à une ossature bois ou à des colombages. Une fois appliqué à la main, on tasse le chanvre au maximum. Le matériau ne se rétracte pas au séchage. Il épouse parfaitement bien les formes et peut se modeler à merveille.
L'avantage du chanvre, outre son aspect esthétique indéniable, est qu'il permet aux murs de respirer naturellement. Il isole également au niveau phonique et résiste bien à l'humidité. Il constitue aussi une excellente protection au feu. De plus, l'association chanvre et chaux protège la maison des attaques des nuisibles tels que les rats et les acariens. A titre d’exemple, pour 35 m² de toit et environ 70 m² de mur, le prix de revient (hors main d’œuvre) des matériaux est d’environ 2 000 €.

  • un coefficient de conductivité thermique exceptionnel, équivalent à celui du liège et bien supérieur aux laines minérales ;
  • elle est ininflammable ;
  • elle peut absorber jusqu'à 30 % de son poids en eau sans paraître mouillée et retrouve tout son gonflant une fois sèche ;
  • elle est légère, facile à poser et peut se compresser, ce qui s’avère utile dans le cas de charpentes irrégulières ;
  • elle n'est pas attaquée par les rongeurs, contrairement à la plupart des autres matériaux d'isolation.

Le bois, une valeur sûre

Reste qu’il existe des matériaux dits naturels qui trouvent leur utilité dans la construction : du gros œuvre à la finition en passant par l’isolation. Le bois est le plus évident. C’est un excellent conducteur de chaleur et peut servir dans de nombreuses applications : charpentes, ossatures, menuiseries, terrasses, toitures et pour les parois.
Cependant, il ne faut pas oublier que les bois prétraités, recomposés ou collés sont parmi les principales sources de pollution d'intérieur. Les produits de traitement contiennent des substances souvent dangereuses pour l'homme. Par exemple, les vernis sont des cocktails nocifs de solvants, résines et additifs. Ainsi, il est plus judicieux de choisir des bois naturellement résistants tels que le châtaignier, le chêne, le hêtre, le mélèze et le pin. Ils peuvent se passer de traitements insecticides et fongicides, sauf en exposition permanente à l'humidité. Le seul traitement obligatoire est celui contre les termites, dans les zones infestées.

Peindre « vert »

Concernant les peintures, la plupart dégagent une quantité importante de composés organiques volatiles, surtout lors de la pose, et contiennent des additifs qui peuvent rester toxiques longtemps. II est recommandé de préférer les peintures à l'eau ou acryliques, moins dangereuses que les peintures à l'huile ou glycérophtaliques.
La plupart des peintures naturelles “écologiques” sans solvants, sont à base de résines et de pigments naturels. Elles utilisent des produits qui permettent de peindre sans s'intoxiquer et sans dégrader l'environnement. À défaut, les peintures arborant le label “NF Environnement” ou l'Ecolabel européen ont des exigences écologiques inférieures, mais c'est un premier pas vers des produits moins polluants.

Tous ces produits doivent faire ou ont fait l’objet de tests et de certification par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), qui mesure notamment leur impact sur la santé. Il s’agit d’une simple précaution car un matériau naturel n’est pas nécessairement sain. Un exemple parlant : produit naturel, l’amiante est reconnue comme cancérigène.

Habiter sans polluer, à quel prix ?

Si le choix de recourir à des méthodes de construction écologiques peut paraître onéreux, les fabricants de matériaux s’attachent à ce que ces produits restent compétitifs. Comme pour tous les travaux, il ne faut pas hésiter à multiplier les devis afin de faire le bon choix. Par ailleurs, il faut inclure dans le calcul les bénéfices à long terme et les aides accordées par les pouvoirs publics.

Quand l’immobilier se met au vert

Il est indéniable qu’une habitation respectueuse de l’environnement engendre certains surcoûts. Les vitrages à isolation renforcée coûtent en moyenne 10 € de plus par mètre carré que des doubles vitrages standards. Evoquons également les chaudières à énergie bois allant jusqu’à 7 600 €, un système complet de production d’électricité en photovoltaïque s’élève à 7 500 € minimum ou un chauffe-eau solaire est estimé entre 3 000 et 5 000 €.

L’achat de matériels plus conséquents pour produire et/ou stocker de l’énergie propre, types éoliennes, capteurs thermiques, photovoltaïques ou chaudières à bois n’est pas un petit investissement. Les aides des pouvoirs publics et autres organismes peuvent, s’il subsiste une hésitation, aider les consommateurs à sauter le pas. Ainsi l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) accorde des primes de l’ordre de 80 à 1 800 € selon le type d’appareil installé.

L’Etat et les collectivités locales accordent également des aides pour l’installation d’éoliennes, aides qui peuvent couvrir jusqu’à 95 % du prix. EDF propose également des aides pour l’achat de pompes à chaleur et rachète même le surplus d’électricité produite.

Parallèlement, existent des crédits d’impôt permettant de réduire encore la facture pour l’achat de gros équipements utilisant l’énergie renouvelable, de matériaux d’isolation thermique et de régulation de chauffage. Pour ces équipements, les taux de crédit vont de 40 à 50 % du montant total des factures avec un plafond de 8 000 € pour une personne seule et s’appliquent aux dépenses payées entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2009. Enfin, les appareils de production à énergie renouvelable, de même que les travaux portant sur les ouvertures, sont éligibles au taux de TVA réduit à 5,5 %. Les travaux d’isolation des fenêtres par double ou triple vitrage rentrent donc dans ce cadre.

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